Avant de repartir

Le jour se lève. Nuit mouvementée, mais pour une fois, je n’ai pas été réveillé par Nelson le Rex qui, normalement, s’égosille à plein poumons dès que je tombe dans mon sommeil profond… à moins que ce ne soit les boules QS qui m’aient permis de souffler un Peu cette nuit car… depuis mon arrivée dans cet appartement qui n’est pas le mien, mais bien le sien, Nelson s’efforce de me rappeler qu’il est maître des lieux, que je le veuille ou non.

C’était la pleine lune hier et bien que j’eusse l’intention de me reposer et de me coucher tôt, j’ai fermé la lumière bien plus tard qu’à la normale, soit aux alentours de 23h. L’énergie des derniers jours étaient à son comble et j’étais comme prise entre deux… Rien de tel que l’écriture pour débloquer tout cela, faire du ménage dans ses idées et faire le vide par la même occasion…

Ça fait maintenant 128 jours que je suis rentré au Québec et comme certains l’auront compris à travers mes récentes publications, et dans mon dernier billet ‘’Hiver au Québec’’ je ne resterai pas en sol québécois. Je repars dans moins d’un mois et bien que ce fut là tout un choc pour certaines personnes, ceux qui me connaissent vraiment ne furent pas très surpris. Fidèle à mes habitudes, je n’ai pas peur de changer mes plans afin d’être en phase avec moi-même, heureuse et épanouie! Ça choque, ça dérange certains, mais … ça m’est égal!

Donc depuis la mi-janvier, je me suis affairée à repartir de plus belle et malgré le fait que je sois enceinte de plus de 30 semaines, que je travaille à temps complet et que cette décision engendre énormément de boulot côté logistique, organisation et planification, on peut dire que je me suis une fois de plus surpassée dans la préparation de ce prochain ‘’Moove’’ vers l’Europe.

Mais pourquoi?

Plusieurs m’ont posé la question, ont cherché à connaître les raisons qui ont motivé ce branle-bas de combat. Certains se sont braqués, d’autres ont roulé les yeux vers le ciel… Mais vous savez… C’est ok. C’est ok de ne pas faire l’unanimité et c’est quelque chose que j’ai appris au fil des ans. J’ai appris à accepter que certaines personnes cautionnent toujours mes choix et me jugent quoiqu’il arrive. J’ai appris que l’on ne peut plaire à tous le monde et que peu importe où l’on va, quoi que l’on fasse, il y aura toujours des individus capables de nous critiquer. Alors il faut simplement avoir suffisamment confiance en soi pour déterminer ce qui est bon pour soi et faire des choix en connaissance de cause. Pour son bien-être à soi, pas pour le voisin, la famille ou le cadre dans lequel on vit…

Mon retour au Québec était motivé à la base par un désir de changement, mais aussi parce que j’avais besoin de faire le plein de bonnes vibes et de voir ma famille et mes amis. Quand j’ai choisi de rentrer, j’étais au premier trimestre dans la fameuse phase où la simple vue de nourriture donne des maux de cœur horribles et où dormir est la seule activité possible. J’étais exténuée et vraiment ébranlée émotionnellement. Les 3 années précédentes avaient amené leur lot d’incertitude et d’inconfort et j’avais besoin de tourner officiellement une page, tirer un trait et reprendre des forces afin de repartir sur de nouvelles bases.

Au fil des semaines et des mois, après avoir quitté le foyer familial, après avoir quitté la chambre dans le sous-sol de ma très bonne copine et finalement déplacer mes valises en métropole, la réalité me rattrapa. Aujourd’hui, la ville n’est plus ce qu’elle était pour moi jadis. Mes envies, besoins et ma réalité ont changés et je ne m’épanouis pas dans un environnement de béton. La banlieue quant à elle n’a jamais su me charmer et le style de vie qui accompagne autant la vie de ville que celle de la rive-sud ou de la rive nord me ramène toujours à la même chose : la ville! Des grands espaces, il y en a au Québec, mais après 7 années passées en France dans les Alpes, j’ai pris goût à un certain rythme, à un style de vie en particulier et c’est entre autres pour cela que j’ai choisi de rentrer à la montagne!

J’entame mon 3e trimestre sereinement même si j’ai encore énormément de choses à planifier et à exécuter! Au moins, l’essentiel est fait; j’ai trouvé un nid où je pourrai me poser dès mon arrivée en France, j’ai une sagefemme et un médecin qui prendront le relais de mon suivi de grossesse et mon billet d’avion est acheté! Le départ de mon poste a été orchestré et j’aurai travaillé suffisamment pour avoir droit au congé maternité québécois. Malgré ce que plusieurs peuvent penser, en congé maternité, on peut sortir du pays et donc, j’aurai la tranquillité d’esprit et tout le temps nécessaire à me préparer pour l’accouchement puis ensuite, du temps en masse pour faire la connaissance de cette âme nouvelle et prendre mes marques en tant que nouvelle maman!

Et papa dans tout ça !?

Certains pensaient dans mon environnement de travail que le père de mon enfant était à mes côtés pendant tous ces derniers temps forts! Eh bien non! J’étais toute seule comme une grande, et je m’en suis très bien sortie! Certes, papa devait venir me rejoindre, mais étant donné sa nationalité, il n’a malheureusement pas pu obtenir son visa de visiteur temporaire canadien et il ne pourra pas non plus venir en France.

Les gens s’imaginent souvent que… leur mode de vie correspond au mode de vie du plus grand nombre et que la norme… est ce qu’il y a de mieux! On m’a souvent passé des commentaires comme :

‘’Oh mon dieu! Mais tu es toute seule? Comment fais-tu?’’

‘’Tu n’as pas encore de maison? Mais ça doit être horrible !?’’

‘’Je ne sais pas comment tu fais, moi je ne serais pas capable…’’

‘’Mais pourquoi avoir un enfant seul, quelle idée!’’

Vous savez, chacun a sa route, chacun fait son chemin. On a la vie que l’on se dessine et nos émotions proviennent non pas des événements et circonstances de la vie, mais bien de nos pensées. Ainsi, ma réalité, bien qu’elle soit atypique, ne m’empêche pas de m’épanouir et d’être reconnaissante envers l’abondance qui se manifeste à mon égard. Quand on accepte les choses tel qu’elles sont, tout devient léger, plus facile.

Mais certains insisteront toujours…

‘’oui mais… papa ?! Il est loin, vous n’êtes pas ensemble? Donc vous allez vous séparer ??’’         

Les gens cherchent toujours à mettre les situations qui leurs échappent dans des cases… Je ne suis ni séparé de mon conjoint ni à ses côtés! Ça c’est un fait. 13 400 KM nous séparent et bien que la situation ne soit pas optimale, elle est ce qu’elle est. Il n’est pas moins le père de mon enfant et cela ne veut pas dire que je doive à tout prix rentrer au Sri Lanka pour que nous puissions être réunis. Car la venue d’un bébé est un changement énorme dans une vie et …  J’ai envie d’être dans les meilleures conditions possibles pour accueillir ce petit être. Le Sri Lanka, bien qu’il ait été une terre d’accueil magique dans mes nombreux déplacements vers ce bout du monde, n’est, à mon sens, pas l’endroit idéal pour se familiariser avec l’allaitement et les soins destinés aux nouveau-nées. J’ai envie de calme, de confort et de fraîcheur et surtout, j’ai besoin de poser mes valises, de les défaire enfin et de rester à un endroit officiellement. Je ne sais pas à quel moment papa rencontrera sa fille chérie, mais c’est évident que lorsque le temps viendra, je partirai avec bébé fille vers l’Asie du Sud Est et nous irons rendre visite à papa! Chaque chose en son temps!

Une chose que la maternité m’a appris… encore plus que le yoga : L’importance de rester ancrer dans le moment présent. Sans pour autant négliger la planification et l’organisation qui vient avec une grossesse entre 3 continents différents et 3 déménagements en moins d’une année, porter la vie m’a ramené à l’essentiel et ça m’a aussi permis de ralentir mon rythme. Je suis confiante plus que jamais quant à mes choix et mes capacités et bien que je sache d’emblée que nombreuses seront les probabilités pour que j’accouche seule… On n’est jamais vraiment seule! Il y a toujours des amis, de la famille et le personnel soignant qui est là pour nous venir en aide en cas de besoin. Il faut surtout apprendre à demander de l’aide!

C’est très insécurisant pour plusieurs, mais c’est ainsi que va ma vie. Cette petite fille qui va bientôt naître aura un rôle à jouer sur cette terre et je deviendrai maman pour toujours. Et ça… peu importe quelles sont les épreuves de la vie, je sais que c’est le plus beau des cadeaux.

Donc à tous ceux qui doutent, qui jugent encore les autres et leurs décisions… à tout ceux qui ont peur de changer ou pire encore, qui sont malheureux, aigris ou en colère contre la terre entière… Je vous souhaite d’avoir suffisamment de courage pour reconnaître qu’un changement, parfois aussi difficile qu’il puisse sembler, n’est qu’un pas à franchir afin d’être enfin libéré et heureux à nouveau.

Quittez l’emploi qui ne vous convient plus

Refaites votre vie avec cette nouvelle flamme

Pliez bagages vers un continent inconnus

Soyez en mesure de reconnaître qu’un changement est nécessaire

Apprenez à vous nourrir des petits moments de la vie, si simple et si précieux soient-ils

Arrêtez de vous en prendre aux autres, vous êtes responsable de votre bonheur… mais aussi de votre malheur

Et rappelez-vous:

Être heureux est un choix conscient et éclairé!

Je vous souhaite une magnifique semaine!

namaste

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