Pardonner

Sujet ancestral. Pour certains, il nous ramène à la Bible entre autre avec un des messages bien connus qui y et véhiculé, mais il doit également résonner aux cœurs de ceux qui ont d’autres pratiques spirituelles ou encore ceux qui ont expérimenté ce qu’est le pardon (ou l’absence de celui-ci) et qui ont pu prendre conscience de l’impact retentissant que celui-ci a dans nos vies.

Le pardon, c’est à mes yeux une valeur, un acte précieux. Pour certain, c’est une façon de vivre et de se comporter, pour d’autre c’est un contexte abstrait, hors d’atteinte.  Quoi qu’il en soit, pour moi, c’est d’abord et avant tout une façon de voir la vie. Il peut être difficile à faire, voir impossible pour certaine personne… Alors que pour d’autre, il est tout naturel.

Ce thème entre en résonance avec moi récemment car depuis la fin 2018, j’ai pris du recul face à mon cheminement personnel. J’ai pris le temps de réfléchir, de méditer et de repasser en images et en mémoires les événements marquants de mes dernières années.

Pardonner, ce n’est pas simple. Mais pourtant… C’est le plus beau cadeau que vous pouvez vous offrir à vous-même. Pas juste parce que ça vous libère, mais ça libère également les autres des liens nocifs qui persistent entre vous. Ça nous libère tous du passé. Ça permet de faire la paix avec soi-même et de dégager la route qui se trouve devant soi.

Le yoga m’a énormément aidé dans mon cheminement personnel au sujet du pardon. Je ne saurais expliquer vraiment quelle en fut la source et à quel moment un changement s’est opéré en moi, mais je sais que pendant mon année intensive en formation professorale de Yoga, il y a eu un déclic. Ma relation avec la rancœur, mais aussi avec la colère et l’amertume a grandement évoluée. Le commencement de ce voyage vers l’autonomie, ou vers une auto-guérison et une plus grande intelligence émotionnelle a été possible grâce à ma pratique personnelle, à la méditation et à la récitation de mantra pendant plusieurs mois.

Des petits changements, aussi insignifiants soient-ils à priori, ont participés à cette grande transformation intérieure. Mais, nul n’est parfait. Tout ce qui monte redescend et ça arrive d’avoir à retravailler certains aspects de son existence et de sa personne en cours de route. Je dirais même que c’est naturel et fortement conseillé de se remettre en question !

Quoi qu’il en soit, voici une anecdote qui m’a fait récemment explorer à nouveau où j’en étais par rapport au pardon. Insidieuse rancœur, quand tu nous tiens, que tu t’immisces dans nos vies, l’influence peut être sournoise et néfaste à la bonne énergie !

Comme vous le savez peut-être, j’ai emménagé récemment dans un logement à Montréal. Un beau 4 et demie dans le quartier de Hochelaga Maisonneuve. Emménager est un bien grand mot ; en échange d’un statut de ‘’baby-sitter’’ pour un petit animal de compagnie, j’ai accès à un ‘’chez-moi’’ temporaire. Bref !

L’animal est un chat mais attention ! Pas n’importe quel chat. C’est un Rex qui s’appel Nelson. Nelson, a donc un caractère singulier comme tout Devon Rex. Une des particularités de cette race féline est son rapport avec son maître. Les Rex sont des chats extrêmement affectueux et ils ont même tendance à être de vrai petits pots de colle ! Ils sont très proches de leur maître et donc… Le fait que Nelson ait dû dire au revoir à sa maîtresse sans crier garde n’a probablement pas dû aider dans la mise en place de notre relation nouvelle. Les cartons, les va-et-vient entre l’extérieur et l’intérieur du logement, le bruit, le froid (facteur crucial car rappelons-nous que Nelson n’a pas un poil sur le caillou ! Juste un petit duvet qui n’est pas l’idéal quand on habite à Montréal en plein hiver !) Tout cela a fait en sorte qu’à mon arrivée, le pauvre était bien déprimé. Je suis une aimante des animaux, mais j’avais aussi mon lot de stress et mon énergie n’a peut-être pas été aussi rassurante que je l’aurai souhaité. Quoi qu’il en soit, le premier soir, Nelson s’est retrouvé seul dans le grand appartement. Je suis rentré chez mes parents car je préférais ne pas rester seule ! Aussi utopique que cela puisse paraître ! Je me sentais un peu désemparée et pour être franche, j’avais les bleus ! Le second soir ; je suis rentré assez tard en fin de journée. Le début de notre colocation s’est bien passé, nous avons dormi ensemble, mais je sentais que quelque chose clochait entre nous. Le troisième soir… Juste avant d’aller me coucher, je me suis assise sur mon lit et … Monsieur Nelson avait fait pipi sur ma couette ! Exactement là où je m’étais assise !

J’étais tellement en colère ! Je l’ai grondé et il fut dès lors interdit d’accès à la zone du lit. Sa maîtresse m’avait prévenu ; il voudrait et ferait tout pour faire dodo avec moi sous la couette ; parce qu’il est câlin, bien entendu, mais aussi et surtout parce qu’il est très frileux et la chaleur corporel d’un humain l’aide énormément à se détendre et à être bien, tout simplement.

Ce soir là, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit car il a tenté à maintes reprises de se faufiler dans mes draps. Mais moi… je me sentais trahis et il était hors de question que je baisse la garde. Le lendemain matin, avant de partir au travail, j’ai recouvert mon lit de plusieurs tapis de yoga. Pour protéger mon édredon, mais surtout pour éviter qu’il s’y reprenne à deux fois !

J’étais dure avec lui, froide. J’étais en colère. Donc je le nourrissais, je vidais sa litière, mais … rien d’autre, rien de plus. Je pensais à lui pendant le jour et je le maudissais. J’appréhendais même de rentrer le soir et de retrouver l’appartement dans un état lamentable… Bref, la colère me rongeait et elle impactait sur ma bonne humeur et ma tranquillité d’esprit.

J’ai pourtant pris la peine de lire sur les raisons qui poussent un chat à faire pipi sur le lit de son maître (ou de sa gardienne !) et il fut question de causes liées au stress, à l’ennui de l’animal, à l’insécurité… En gros Nelson était triste, déboussolé et peut-être a-t-il aussi voulu marquer son territoire sur ma couette (qui devait sentir mon chat Hubert !). Ça m’a quelque peu attendri… mais la colère était encore présente et elle faisait en sorte que… je ne pouvais lui faire confiance.

Les jours ont passés et un soir de la deuxième semaine de colocation entre Nelson et moi, une amie est venue à la maison. D’emblé, elle l’a trouvé beau et a été charmé par son apparence et sa personnalité de chat affectueux et curieux. Elle m’a aussi fait remarquer que j’étais dure avec lui… Le fait de voir Nelson aller vers ma copine, se coller à elle, m’a fait réaliser que depuis notre mésaventure, il tentait aussi d’attirer mon attention et de se faire caresser par moi.  J’ai pris conscience de l’ampleur de la situation et je me suis sentie ridicule. Pas juste parce que  c’est d’une relation entre un chat et moi dont il est question, mais … je me suis trouvé bien pauvre de réagir aussi fortement et aussi longuement. J’ai réalisé que j’avais fais un blocage et que je n’en démordais pas. Que non seulement ça ne m’apportait rien de positif, mais cela devait également avoir une influence sur la qualité de vie de ce pauvre Nelson !

Pendant cette semaine et demie où j’ai été en colère contre lui, Nelson n’a rien fait. Il a été lui-même. Tout simplement. A partir du moment où j’ai choisis de baisser les armes, je l’ai trouvé beau à nouveau, doux, câlins, et j’ai renoué doucement avec lui, en jouant avec lui, en le flattant, en le laissant se joindre à moi pendant ma séance de yoga quotidienne… J’ai laissé partir cette colère qui m’habitait et s’en ai suivi un état de bien-être et de joie qui, je crois était vrai autant pour moi que pour le Rex. Nelson et moi ne dormons pas ensemble car il a comprit que c’est comme ça, par contre, nous avons de beaux moments de complicité et je l’apprécie pour qui il est en tant que chat.

Lorsque quelqu’un est en colère contre nous… On n’y peut rien. Car… à moins d’avoir fauté, et d’avoir une part de responsabilité dans la relation ou la situation, cet état, ce sentiment ne nous appartient pas. On ne peut que faire le nécessaire, s’excuser, rester à distance, donner du temps au temps. Mais chacun chemine à sa propre vitesse et … encore une fois, nous n’avons aucun contrôle sur cela.

Hier, une personne très chère à mes yeux m’a envoyé un courriel de bêtises. Parce que cette personne est en colère contre moi, contre la situation, contre la force des choses… Les mots portés à mon égard furent durs à lire, mais… ça ne m’a pas fâché. Je n’ai pas ressentis vis-à-vis de cette personne quelconque colère. J’ai eu besoin d’en parler, à cette même copine qui est venu nous rendre visite récemment Nelson et moi… Ça m’a fait du bien. Je n’ai pas répondu à ce courriel. Ne souhaitant pas mettre de l’huile sur le feu. Par contre, en moi, j’ai ressentis beaucoup de compassion quant à la souffrance que cette personne ressent et ce qui l’a poussé à écrire ce courriel méchant et gratuit. Quoiqu’il en soit, cette tristesse, cette souffrance ne m’appartient pas, mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne me touche pas. En pensant à cette personne, j’ai beaucoup réfléchie hier soir et je lui ai envoyé en pensée de l’amour… de la douceur. Je lui ai souhaité sincèrement d’avoir la force, et le courage, la capacité de se libérer de cette colère, de cette rancœur et de cette amertume.

Moins de 24 heures après la réception de courriel ; un second communiqué arrivait dans ma boîte de réception. Cette fois-ci, c’était un courriel d’excuses… J’ai laissé la vie faire les choses. Je sais ce dont je suis responsable, mais je sais aussi que parfois, on ne peut empêcher les autres de penser et de ressentir des émotions négatives à notre égard. Que celles-ci soient légitimes ou non… nous n’avons pas notre mot à dire car, cela ne nous appartient pas. Par contre, rester ouvert, réceptif, bienveillant et prôner une approche basée sur le pardon encourage les autres (mêmes ceux qui sont vraiment en colère !) à en faire autant.

L’énergie est contagieuse. On attire à soi ce que l’on dégage.

Je choisis de vibrer au niveau du cœur. De laisser ceux qui ont de la colère à mon égard s’exprimer afin qu’elle ne s’imprime pas en eux à jamais… Je choisis d’être lumière, d’être amour… Et je choisis par-dessus tout, de dire ma vérité quand, à mon tour, je suis en colère contre quelqu’un pour quelconques raisons que ce soit…

Et ça… c’est possible pour moi grâce au yoga. Grâce à ce que m’a apporté ce cheminement d’amour propre, de confiance en soi et de respect de soi.

Je vous invite à vous libérer vous-même des chaînes du passé, de la colère et de l’amertume.

Prenez le temps de vous recueillir, de vous poser et répétez à plusieurs reprises ce mantra quand vous ressentez cette émotion :

 

Je me pardonne à moi-même. Je pardonne aux autres. J’accepte ce qui est. Tout est à sa place. Rien n’arrive pour rien.

 

Je vous souhaite de trouver la paix ; nul besoin de chercher bien loin, car c’est en vous qu’elle se trouve… Je vous laisse en images avec le beau Nelson qui fait des câlins à mon bison de femme enceinte! <3

 

Avec amour,

Stéphanie

 

 

 

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