Journal de bord: 24 jours plus tard au pays du Ceylan

Encore une autre belle journée qui se lève sur la Baie d’Arugam ; il est 6hrs30 du matin et j’ouvre l’œil difficilement. Depuis mon arrivée, mes nuits sont assez mouvementées, mais je trouve le moyen de me reposer quand même et d’avoir assez d’énergie pour le coaching et l’entraînement à tous les jours. Je rêve beaucoup et je me réveille souvent en pleine nuit, dans le noir, à me demander en panique, où suis-je … C’est une drôle de sensation, celle d’être perdue dans l’obscurité, mais je trouve toujours le moyen de retrouver le sommeil et le repos. En Fait, je rêve souvent (voir toujours…) qu’il y a des insectes dans mon filet à moustique… et ça me rend complètement folle ! C’est étrange, mais c’est comme ça ! Je gère ! Je ne dois pas toujours rêver car ce matin, au levez j’avais de grosses enflures sur les avants bras ! Mais bon, ça fait partie du jeu ! Je gère !

Tant de choses se sont passés en moi depuis mon arrivée ; j’ai eu des gros moments de doute et d’incertitude et je peux dire maintenant avec du recul que les dix premiers jours ont été difficiles ; mais à ce jour, je constate m’être adaptée à nouveau à cette vie faite de choses simples, de chaleur et de palmiers. J’ai instauré une petite routine qui me convient et à travers laquelle je m’épanouie et je commence à avoir le goût de sortir de ma coquille, car il faut que je l’admette, depuis mon arrivée, je n’avais envie de voir personne en particuliers ; je n’avais pas envie d’aller vers l’autres et de parler pour ne rien dire. J’avais besoin de silence, d’introspection et de tranquillité. Comme si une partie de moi, épuisée, avait besoin de calme, et de ressourcement. Comme si en restant seule, j’arrivais à mieux ressentir si c’était bien ou non pour mon être d’être là et que j’arrivais à suivre davantage mon instinct.

J’ai beaucoup réfléchi. J’ai pensé au Québec, à la France. J’ai même pensé à l’Inde… J’étais habité par un inconfort qui grandissait et je croyais au départ que bouger serait la solution à ce problème… J’ai pensé à mon avenir et à ce que je souhaitais accomplir, à ce tournant de la vie auquel je suis rendu… à l’aube de mes 35 printemps… Je tentais de me contorsionner pour entrer dans un caisson d’idéologies sous entendant que j’étais probablement entrain de perdre mon temps, que ça ne menait à rien d’avoir un tel train de vie et que je devais changer, peut-être même abandonner … Et puis en suivant mon cœur, en renouant avec mon tapis de yoga et une activité physique quotidienne, en allant nager lorsque mon mental ne savait plus dans quelle direction se jeter, j’ai compris que cela ne servait à rien de chercher des solutions. J’ai compris qu’en lâchant prise, les réponses viendraient d’elles même. On me l’a souvent répété dans ma vie : ‘’ trust the process’’… et c’est vrai. Je le comprends et l’intègre toujours avec un peu de retard, mais à chaque fois, ça donne toujours la même impression, ce discours interne qui me fait un clin d’œil et qui me dit : ‘’Tu vois ? Tu le savais, tout ce temps la réponse était en toi, mais tu tentais de l’adapter, de la modifier pour plaire à tout prix !!’’

22 jours après mon arrivée, je suis ouverte aux possibilités. Les cours de yoga sont très tranquilles mais ils me procurent un ressourcement qui est bénéfique à mon âme, à mon corps et à mon cœur. J’ai du temps pour prendre soin de moi et pour embrasser d’autres projets qui m’aident à miser sur mon indépendance à tous les niveaux. Au départ, j’étais dans le manque, j’étais dans l’état d’esprit de ceux qui mettent l’emphase sur ce qu’ils n’ont pas, sur les gens qui sont loin de moi entre autre. Et puis j’ai compris que cela ne me nourrissait pas et surtout, que cela ne servait à rien. Bien qu’un retour au bercail fasse partie de mes projets à moyen terme, je ne compte pas prendre de décision trop hâtive car elles seraient basées sur quelque chose qui ne m’appartient pas complètement. Alors je laisse mûrir l’idée en moi de retrouver mes proches éventuellement, mais avec plus d’ouverture et surtout, en sachant que je le fais pour moi. Pas pour les autres. Ça, c’est une victoire en soi. Etant une personne très sensible et émotive, j’ai ressentis un très grand bonheur en faisant un petit aller-retour au Québec en juin ; ça m’a fait du bien et tout compte fait, je peux dire que le sprint qui a suivi ce voyage entre le Québec, la France puis finalement, Arugam Bay m’a chamboulé intérieurement.

J’ai compris que c’est super important d’être à l’affût de ce qui se passe en soi. Il y avait vraiment quelque chose qui clochait depuis mon arrivée, qui me mettait mal à l’aise… et je sais aujourd’hui, que ce malaise ne m’appartenait pas, il était l’écho du mal-être de certaines personnes avec qui je choisis de prendre mes distances aujourd’hui. Ce mal être était aussi relié à des attentes probablement inconscientes de ma part, à des désirs nourrissant une partie de moi qui a constamment besoin d’attention… Mes vieux schémas relationnels qui nourrissent les blessures d’âmes… Vous savez ces comportements autodestructeurs qui ne mènent nulle part…  Voilà ce dont il était question.

Nous sommes responsables. Responsables de nos actes, de nos paroles et aussi de l’impact que ceux-ci peuvent avoir sur le monde. En prenant mes distances, en me recentrant sur moi, je m’assure de rester dans mon ressentis dans l’action posée, dans le geste bénéfique et positif plutôt que d’être constamment en état réactionnelle face à ceux qui souffrent et qui agressent leur entourage à travers un tempérament passif agressif et des mots non constructifs. J’ai envie de vous dire ceci… Si vous arrivez à ressentir vraiment au fond de vous que quelque chose cloche, que quelque chose dans votre vie vous dérange… Si vous choisissez de mettre de la lumière pour y voir plus clair et ressentir en toute honnêteté cet état de mal-être, et bien vous serez à même de le laisser partir, de le modifier, de le transcender… Il faut faire face à la douleur pour que celle-ci s’évapore, pour que celle-ci arrive à transmette son message et pour que le message soit intégré… Ce sont des ondes, de l’énergie et c’est à vous de trouver quelles ondes vous souhaitez  attirer, dégager, et partager avec vous-même et ceux qui vous entourent.

Le Sri Lanka me fait du bien. Bien que chaque jour vient avec son lot d’adaptation, avec le rapport à l’autre, les échanges entre touristes, voyageurs et locaux,  la relation entre le sexe masculin et féminin… J’y trouver une forme de sérénité. Certes, je ne surf pas, et aux yeux de certains, cette situation est nulle et doit vraiment être inutile… Mais au fond de moi, ce genre de discours est désuet et sans intérêt. A quoi cela me servirait-il de miser sur ce que je ne contrôle pas ? D’accorder de l’attention à ce que je ne peux pas faire en ce moment? Vous l’aurez deviné… ça ne servirait à rien ! Alors je lâche prise ; je déroule mon tapis tous les jours, je marche sur la plage, je nage, je m’entraîne, j’écris, j’échange… Je contemple et je savoure la vie plus doucement, plus sereinement et vous savez quoi ? Je me sens bien. Et c’est ça qui compte vraiment…

Il est 9hrs, je vois la plage depuis mon sofa en palettes sur ma terrasse ; le ciel est gris, et cela rend l’ai un peu moins lourd… J’ai déjà fais mon entraînement, j’ai pris ma douche, mon smoothie m’attend sagement dans le congélateur, et je sirote tranquillement la fin de mon café. Doux rituel… je vois les vacanciers prendre des leçons de surf, j’entends les vagues frapper contre la Baie…Les corneilles et oiseaux tropicaux qui chantent… Le ventilateur qui ronronne dans la maison…  Une autre journée voit le jour sur la Baie d’Arugam et j’ai bien l’intention d’en profiter…

J’avais l’impression qu’il fallait que j’aille un plan… Vous savez ? Comme si sans savoir à quel moment je quitterai cet endroit devait me forcer à choisir maintenant… Je ne savais pas. Je ne savais pas quelle date choisir, quelle destination et surtout, pour y faire quoi… Entre ma place de professeure de yoga à l’Alpe d’Huez, mon chez-moi qui me fait  envie au Québec mais qui est à rebâtir, l’Inde qui me titille mais qui demande des sous, et le Costa Rica, qui sort complètement de nulle part… j’étais dans l’indécision totale ! Et puis j’ai décidé de lâchez-prise. Je ne suis pas prête encore à faire un choix. Toutes les options sont intéressantes et je vais laisser la meilleure et la plus sensée prendre sa place ! L’Inde et le Costa Rica ne se sauveront pas, mais cela ouvre en moi un éventail de possibilités, de nouveaux rêves et de nouvelles aspirations ! Bien que j’aie bel et bien le projet de poser mon baluchon au Québec prochainement, cela ne m’oblige pas à stopper ce mode de vie de nomade qui me nourrit, qui me ressemble et que j’apprécie. Un jour à la fois… Chacun sa vie et chacun ses choix. On m’envie parfois, d’autres se confortent en se disant que j’ai tout faux, car je n’ai pas de maison ; pas de REER, pas d’enfant, pas de stabilité…  On m’a même prévenue que je devais en profiter maintenant car si je vais qu’à rentrer au bercail, bouger comme je le fais depuis les dernières années ne sera plus possible… Cela m’a fait sourire. Rien à ajouter. Je le répète, chacun sa vie, chacun ses choix.

Je vous souhaite d’être heureux ; plongez à l’intérieur, allez voir ce qui se passe, sans juger, ni tenter de changer quoi que ce soit… Acceptez ce que vous trouverez… pleurez s’il le faut, mais laissez aller… Ca ne sert à rien de retenir ce qui doit sortir, ce qui doit partir. Cela vous donnera l’occasion de vous ouvrir à de nouvelles opportunités, à de nouvelles possibilités.

Je vous souhaite une magnifique journée, où que vous soyez,

Namaste

 

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