café latte, smoothie et réflexions- Une semaine après mon retour au pays du Ceylan

Une semaine plus tard au Sri Lanka, sur la côte est de cette île que j’arpente depuis maintenant quelques saisons, je fais le point sur cet état d’âme qui m’habite depuis mon arrivée.

7 jours après mon retour au pays du Ceylan, je commence à peine à lâcher prise par rapport à mes attentes qui, je le croyais, étaient inexistantes avant de mettre les pieds dans ce nouveau ‘’chez-moi’’ pour les prochains mois.

Nouvelle saison, nouveau départ, nouvelle maison et nouveaux projets… Mais qui dit nouveau rime souvent avec temps d’adaptation. Et à ma grande surprise je suis toujours surprise de constater à quel point malgré ma fluidité en voyage, malgré l’expérience acquise au fil des ans et malgré ma joie de vivre et mon positivisme, certaines situations peuvent être exténuantes et difficiles à surmonter.

La pleine lune du 28 juin et ses effets transformateurs profonds, le retour express au Québec pendant presque 3 semaines  à la fin mai et au début juin puis la réhabilitation de mon genou opéré il y a bientôt 3 mois y joue probablement un rôle majeur.

Le Sri Lanka est un pays magnifique, une île d’une beauté majestueuse et la population y est très amicale. Certes y voyager pendant un court séjour est une chose, y rester pendant plusieurs mois, une autre ;

J’ai la chance de m’être fait des amis sur qui je peux compter ici au Sri Lanka. Ainsi, lorsque j’ai quitté l’île au début du mois de décembre l’an passée, j’ai pu entreposer une majorité de mes biens dans la guesthouse d’un ami. Ce à quoi je n’avais pas réfléchi, c’était que pendant l’intersaison ici, il pleut et l’humidité fait en sorte que les biens ne restent pas en bon état très longtemps, surtout s’ils sont entreposés.

L’installation dans ma nouvelle demeure s’est bien passée, mais je ne m’attendais pas  à devoir y mettre autant d’énergie. J’ai donc choisis mes batailles et j’ai renoncé à la perfection qui, l’été précédant, m’avait coûté un bras et une jambe et m’avait accaparée pendant 3 bonnes semaines. Peinture, nettoyage, achats de biens matériels pour la vie quotidienne, aménagement des lieux, entretien du jardin et de l’espace extérieur… Bref, cette année, dès mon arrivée, j’ai eu le sentiment que tout ce que j’avais accompli l’année d’avant était à refaire, à recommencer…Je ne vous raconte pas l’état dans lequel je me suis mise… J’étais hors de moi, dévastée et pleine de questions quant à ce retour ‘’aux sources’’ qui ne m’offrait pas l’ombre d’un ressourcement quelconque à première vue…

 ‘’ Il y aura toujours des choses à améliorer, du ménage et du lavage à faire. L’ouvrage, ça ne se sauve pas… Il faut prendre le temps de faire ces choses là une à la fois, lentement, mais sûrement, mais surtout, il faut vivre et profiter de l’instant présent. ‘’

Ces bons mots sont ceux de ma mère, échangés lors d’une conversation quelques jours après mon arrivée. Les 2 premiers jours ont été comme une claque en pleine face : travaux, ménage, shopping, chaleur et extrême fatigue. Mon corps a eu un peu de mal à s’y faire. J’ai dormi plusieurs heures les premières nuits tellement j’étais exténuée. Puis, lentement, mais sûrement, j’ai aménagé mon lieu de vie et je peux dire qu’après une semaine, l’énergie revient tout doucement.

J’ai eu envie de partir, de tout laisser tomber et de rentrer chez-moi… Mais vint alors la question qui tue… Où se trouve ce ‘’chez-moi’’ ? Est-ce là où j’ai une adresse ? A l’Alpe d’Huez ? Là où j’ai passé les 7 derniers hivers ? Est-ce d’où je viens, au Québec ? Là où ma famille, mes  amis, les gens qui me sont chers vivent et continuent leur chemin pendant que j’arpente le monde à la recherche de ‘’je ne sais quoi ?’’ Les questions furent nombreuses et profondes. Elles firent jaillirent des larmes qui m’épuisèrent de plus belle. Puis, hier matin, en me réveillant au levez du jour, je suis allé nager dans la baie ; l’eau est bonne et la natation douce me fait du bien ; elle soigne et délie mon genou et me permet d’être présente à moi-même. De laisser aller toutes ces questions quant à mon rôle ici sur terre, ma mission et toutes ces embuches rencontrés en cours de route…

J’ai récemment eu de solides conversations par rapport à mon chemin de vie, ce que j’ai accompli dans les dernières années et ce qui m’habite, ce que j’entrevois pour mon futur… Ces conversations avec des gens que j’aime profondément m’ont secouées ; elles m’ont fait réaliser que certaines choses dans ma vie devaient changer. Pas parce que ce que je fais n’est pas ‘’bien’’, mais plutôt parce qu’il y a un manque de cohérence entre mes envies, mes rêves et mes désirs et les moyens que j’entreprends pour arriver à mes fins. L’aspect financier m’a semblé prendre une importance majeure dans les arguments de mes proches ; la santé financière, l’abondance matérielle… Il est effectivement vrai que je me contente souvent de peu, et que j’arrive kif kif saison après saison. Les gens croient à tort que pour voyager, il faut être riche, mais ce que j’ai expérimenté jusqu’à présent c’est davantage la richesse du voyage en soi, les expériences inoubliables, les rencontres mémorables à jamais gravées en moi. Mon portefeuille est rempli d’amour, de souvenirs et de joie, mais malheureusement, il ne regorge pas de trésors matériels, de grosses économies et de pièces d’or…

Le voyage est d’abord et avant tout un choix de vie que j’ai fais il y a plusieurs années, mais avec le recul ; je sais aussi au fond de moi que c’est une réaction naturelle de fuite face au stress de la vie quotidienne, face à mes peurs enfouies, celles de ne pas réussir, de ne pas me démarquer, celle de n’être qu’une personne ordinaire… Hors je suis cette personne ordinaire, et en ressassant toutes ces questions et pensées depuis mon arrivée, j’arrive à la conclusion que je dois embrasser cette vie, que je dois assumer mes choix et en être fière. Je suis cette femme comme les autres, qui continue son chemin ; et je réalise que bien que mon parcours est quelque peu chaotique et parsemé d’erreurs, il n’est pas pour autant mauvais.

Je suis entrain de me réaligner, de me repositionner ; je mets sur papier et je vous transmets via ce clavier mes options, celles que j’envisage et celle que  je garde sous le coude. 2018 sera pour moi un grand vent de changement, et probablement un retour aux sources. Ce qui m’habite depuis mon arrivée au Sri Lanka, c’est l’envie de m’occuper de moi. De me tourner vers l’intérieur. Par ma pratique de yoga, j’arrive à souffler, à guérir ce genou qui demande attention et douceur. Mais c’est aussi un moment propice à prendre soin de ce ‘’je’’ que je n’arrive plus à cerner. Ce ‘’nous’’ qui m’est difficile d’appréhender. En lâchant prise, en laissant les choses aller, j’ouvre la porte du possible et de l’impossible…

Ce matin, dans l’eau alors que je laissais mon corps se réveiller tout doucement sur une nouvelle journée, j’ai assisté à une scène sur la plage qui m’a fait sourire et qui m’a redonnée espoir.

2 pêcheurs sont arrivés de leur quart de travail ; en rentrant au bercail, ils ont soulevé le moteur du petit navire et on accosté sur la plage. Bien que le bateau soit petit de taille, son poids faisait en sorte qu’à eux deux, ils n’arrivaient pas à le remonter sur la plage, à l’abri des vagues et du courant. Ainsi, naturellement d’autres pêcheurs sont venus à la rescousse, puis des vacanciers et surfeurs ont eux  aussi mis la main à la pâte. Ils ont déposés leur planches et ont prêté mains fortes aux 2 pêcheurs, sans parler, ni poser de question. Ils se sont entraider et en moins de 5 minutes, le bateau était rangé à sa place ; tous reprirent leur route respective, sans au revoir ni fla fla superflus. Simple et efficace. Beau et grandiose…

J’ai souris et compris qu’ensemble, nous sommes souvent plus forts, ensemble nous sommes capables d’accomplir plus. Je réalise que cet hiver, je me suis borné récemment à partir seule, à rester seule ; je me suis recroquevillée sur moi-même, par peur de l’autre, par peur de déranger, peur de demander de l’aide… Mais ce matin, j’arrive à la conclusion que nous sommes tous liés, d’une façon ou d’une autre et que nous avons certes, un rôle à jouer en tant qu’individus, mais surtout au sein d’une communauté.  Chacun est indispensable et parfait tel qu’il est. Chacun surmonte ses épreuves et a son lot quotidien de soucis, mais ensemble, nous pouvons arriver à bâtir quelque chose de plus grand, de plus fort, quelque chose de solide ; nous pouvons accéder à un bien-être tangible et réel.

Je compte donc partager avec les autres qui je suis ; allé vers l’autres. Cela m’est difficile, mais j’ai envie d’essayer. J’ai envie de croire que c’est possible. Ma famille et mes amis me manquent, le quotidien partagé avec autrui aussi. Pour les semaines à venir, je compte échanger sur le tapis, avec le plus de gens possible ; mettre de côté ma peur de l’autre en souriant aux passants, en allant à la rencontre du voyageur et de l’habitant du village dans lequel j’ai élu domicile pour un temps indéterminé.

A plus long terme, j’aimerais revenir d’où je viens ; où, quand, comment et pourquoi sont de nombreuses questions dont je ne détiens pas encore les réponses et j’accepte de ne pas détenir ces réponses qui, je crois, viendront d’elles mêmes naturellement.

Je vous invite à laisser aller cet inconfort qui vous habite face à ce que vous ne contrôlez pas ; soyez juste vivant, vrai, authentique. Partagez avec les gens qui vous entourent et souriez. La vie est trop courte pour ressasser le passé et s’inquiéter du futur…Laissez aller les choses sur lesquelles vous n’avez d’emprise… Ayez des projets, laissez-les mûrir en vous, dites à vos proches que vous les aimez, prenez des nouvelles de votre parenté, d’anciens collègues… Faites l’amour, le bien autour de vous.

En agissant de la sorte, vous nourrirez votre communauté, vous aiderez les autres à briller en laissant votre lumière naturelle éclairer votre chemin. Suivez votre cœur, et permettez à votre esprit de conseiller celui-ci…

Je vous souhaite une magnifique journée où que vous soyez, quoi que vous fassiez,

All one, one love

namaste

 

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