Journal de bord – Bien arrivée au pays du Ceylan

26 juin, mon arrivée au pays du Ceylan…

Un vol beaucoup trop long ; 10 heures assise dans un avion, ce n’est pas juste long, c’est très long ! Malgré les films et les discussions agréable avec mon voisin de siège, un Prêtre catholique sri lankais résidant au Canada ; je suis contente d’enfin pouvoir mettre les pieds sur la terre ferme ! Surtout après avoir eu des turbulences comme je n’en avais encore jamais vécues ! J’y ai cru, j’ai pensé que mon heure avait sonnée, que c’était la fin. La peur dans les tripes, la boule au ventre ensuite à la moindre petite secousse…Mais heureusement, grâce à des mantras de méditation accessible via la musique à bord de l’appareil, des techniques de respiration et de visualisations positives, j’ai pu mettre cette peur de côté et arriver en un morceau à destination !

Le genou un peu enflé, mais tout de même supportable, j’ai pris l’assistance pour ce vol longue distance entre la France, le Royaume-Uni et le Sri Lanka, mais c’était probablement la dernière fois. Ma jambe va mieux, j’arrive à marcher plus longtemps et je me sens prête à faire le saut ! Chose que je commencerai dès demain depuis mon nouveau chez-moi pour les mois à venir. J’en suis à J+78, un peu moins de 3 mois ; j’arrive à plier ma jambe au moins jusqu’à 140 degré, la douleur est moins présente, moins handicapante et je pense que ça va continuer en s’améliorant. Ceci étant dit, il est 16h44, je suis arrivée à Colombo vers 12h45. Le temps de sortir, de passer les douanes, de récupérer mes 2 bagages et m’obstiner avec un premier Sri Lankais insulté que je ne lui donne pas d’argent pour le service ‘’gratuit’’ de l’assistance, ajoutons à cela au moins 10 aller-retour aux WC pour me rafraîchir, me changer et enlever ces foutus bas de contention, j’ai pu enfin me poser dans le lobby de l’aéroport vers 13h45 ; depuis, j’attends mon ami chauffeur qui dépose d’autres clients à l’aéroport et qui devrait, je l’espère, me contacter prochainement.

Les gens arrivent, s’en vont ; plusieurs viennent récupérer leur famille, leurs clients. Des agences de voyage de toutes sortes, des chauffeurs de taxi à la recherche de cibles potentielles, des mecs étranges qui rôdent et qui s’approchent en proposant d’échanger de l’argent de devises étrangères pour moins cher et ce, sous le nez de la police armée et des comptoirs assermentés… Des enfants, des familles, des vieillards et bonnes femmes joufflues. Des cheveux longs, foncés, très foncés, des longues nattes qui flottent et se balancent au gré de chacun des pas qui foulent ce sol et qui sortent de ce lieu où personne ne reste bien longtemps; des sourires illuminés par centaine, de gens contents d’être enfin arrivés à destination, excités de revoir leur femme et leurs enfants. Des voyageurs épuisés mais prêts à franchir le seuil de la porte de cet lieu de transit… Tous le monde part, mais moi je reste. Je reste assise là, sur mon coussin de voyageuse, à pianoter sur mon ordinateur portable… Laissant tout un chacun m’inspirer. J’attends. Et ici au Sri Lanka, le verbe attendre prend tout son sens. On peut être amené à l’expérimenter de façon très profonde, très intense…  Le concept du temps… est très flou, très vague pour les gens d’ici. Et cela me fait travailler. Certes, sur ma plume, mais davantage sur l’acceptation et le lâchez-prise. Ca me fait travailler la patience. Je ne contrôle pas la situation, alors aussi bien tourner les choses positivement et me rendre utile, regarder autours de moi, restez ouverte, à l’affût. Je me rends compte, malgré mes nombreux voyages, que je suis toujours un peu rustre, un peu ‘’ours’’. Ca doit être l’esprit montagne qui a déteint sur ma personnalité, mais en m’en apercevant, ça me permet de m’assouplir, de m’adoucir, de sourire davantage et de laisser ces rencontres avoir lieux, de laisser ces échanges entre ces gens et moi-même, avoir lieu. Pas à n’importe quel prix certes, mais dans une limite raisonnable. Somme toute très enrichissant.

Le téléphone vient de biper, mon chauffeur aura du retard, chose qu’il n’avait pas la franchise d’admettre 3 heures plus tôt au téléphone, de peur que je parte, que je me trouve un plan B… Mais ça, je le savais déjà au fond de moi et une version de cette voyageuse que je suis, ou du moins, que j’étais il n’y a pas très longtemps de cela aurait probablement pété les plombs, et décidé de tracer, de trouver une autre solution… Mais il faut croire que je m’assagis et je pense aussi à mon genou, qui commence à piquer un peu plus. Je regarde aussi ma valise qui pèse une tonne, et je me dis… que je suis bien là, assise la jambe tendue et l’inspiration dans les voiles ! Il arrivera quand il arrivera, j’arriverai quand j’arriverai et c’est bien comme cela !

Dommage, j’aurais aimé faire le trajet de jours ; la nuit tombe très vite ici, mais bon, ce n’est qu’un détail et je pourrai partager ce moment avec un ami que je n’ai pas vu depuis un bon moment maintenant…

Mon ventre commence à hurler, il crie famine. J’ai de l’eau en bouteille et des grignotines vegan sans gluten achetées à Londres, ça devrait me suffire pour l’instant. Dehors le temps se gâte et semble instable, il va peut-être pleuvoir. Peut-être que oui ; peut-être que non, et peu importe sur quelle côté la pièce tombera, ce sera correcte, car ici, c’est un peu comme ça que les gens vivent ; ça se ressent et c’est contagieux. Peut-être que je m’y suis habitué, peut-être que cette façon de voir et de faire les choses est plus simple comme attitude à adopter étant sur place, mais ceci dit, ça me semble être la seule et unique façon de vivre l’instant présent.

Sur ce, je vous quitte ; je plier boutique, me délier les jambes, et patienter encore, qui sait, une heure ou deux !

Namaste et que la patience soit avec vous !

 

 

 

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