J+19 / trop, trop vite et trop tôt… donc REPOS

Alors après avoir atteint des sommets en matière de rééducation avec une flexion à plus de 110 degré et une marche naturelle sans douleur ou presque… Me revoilà avec le genou gonflé comme une patate !

Fidèle à mes habitudes, j’en ai trop fait et ce, trop vite, trop tôt ! Donc rebelote, je suis de nouveau assise au lit toute la journée et ce depuis mon retour chez moi jeudi avant-midi.

J’ai dû aller faire un tour en ville mardi… Je n’avais nul autre choix que de descendre à Grenoble car je devais impérativement récupérer mon titre de séjour en Préfecture !

2 heures d’attente et de trajet plus tard dans 3 voitures différentes (car oui, je suis descendu en stop depuis l’Alpe d’Huez !)…

J’étais enfin arrivée à la Préfecture de l’Isère quand la charmante jeune fille au comptoir d’accueil m’informa qu’il était trop tard, le service des Visas était fermé et je devrais revenir le lendemain… Ayant un doute quant à la possibilité de repasser un mercredi (car normalement la Préfecture est fermé ce jour là…) Je suis repassé au comptoir histoire d’exposer mon cas à une autre employé. J’ai bien fais car celle-ci m’a confirmé que je devrais revenir JEUDI matin avant midi…

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J’étais donc à Grenoble, en plein centre-ville, en béquilles, affamée puis un peu désespérée. J’en ai vu de toutes les couleurs depuis que je suis en France sur le plan administratif. Comment faire simple quand on peut faire Français… 6 mois auparavant, On m’avait conseillé de passer entre midi et 14h car c’était à ce moment où il y avait le moins d’achalandage. C’était à l’automne 2017, quand j’avais fais faire mon titre de séjour…

Aujourd’hui, 6 mois plus tard, des travaux avaient été fait au sein de la Préfecture et ils avaient changés les règles du jeu ; comme quoi il faut toujours s’attendre… à tout tout tout quand il est question de l’administration française !

Comme si une partie de moi s’était préparée à cette éventualité, j’avais pris une culotte de rechange, et mes cachets pour mon genou. J’avais même pris une glacière portative dans laquelle j’avais mis mon attelle freezesnow.

Je me suis assise dans le parc situé au centre du rond point de la Place Verdun… Là, exposée au soleil, je pris le temps de me poser et de respirer. Devais-je retourner à l’Alpe ? Mais comment ? En bus ? En stop ? Devais-je rester en métropole jusqu’à jeudi et éviter ainsi de devoir me taper le trajet de retour et rentrer chez moi exténuée en sachant que je devrais recommencer le processus 48h plus tard ? Je ne savais pas trop quoi faire, mais une voix à l’intérieure de moi me disait de laisser aller. J’avais faim et donc je décidai d’aller rendre visite à ma très chère Carole au petit resto de l’arbre à Thé… Vous pouvez lire l’article que j’ai écris au sujet de Carole… Un rencontre d’âmes fabuleuses et un lieu magique à Grenoble où manger sainement et sans gluten est un jeu d’enfant !

2 heures et des poussières plus tard, j’avais pris le temps de me rendre jusqu’à son petit lieu de vie fabuleux rue Saint-Dominique ; j’avais savouré une fabuleuse quiche aux endives caramélisées accompagnée d’une salade florale et d’un dhal indien ; suivi d’un bon café allongé et d’une part de gâteau au chocolat et à la châtaigne, bien entendu sans gluten ! J’ai même joué à un jeu de carte des animaux totems et je pu enfin mettre cette glace sur ma jambe posée sur une chaise.

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Après que nous eûmes pris le temps de discuter de nos vies respectives Carole et moi, je laissai la décision de rester en ville venir d’elle-même. Ma copine Mathilde pouvait me recevoir chez elle, et je n’aurais pas à refaire le trajet 3 fois plutôt qu’une. C’était l’occasion aussi de faire le plein de ce printemps si présent en vallée, tandis qu’à la montagne, la neige continuait de fondre et le vent frais forçait les locaux à se couvrir comme en hiver.

Ma bête noire en ville… ce sont les boutiques… Donc en sortant du resto, plutôt que de rentrer sagement chez Mathilde qui avait laissé le portail ouvert et la porte de chez elle débarrée, je m’enfonçai vers le centre, là où les commerces fusent de toutes parts. J’avais envie de fouiner, je me sentais bien, d’attaque et donc je restai en ville comme ça jusqu’à ce que je m’aperçoive que les volets métalliques commençaient à s’abaisser devant les vitrines. Il était 19h, j’avais passé toute la journée dehors, je me rendis soudainement compte que je n’avais pas regardé une seconde mon portable rangé dans le fond de mon sac à dos (car en béquilles, on oublie le sac à main!). Je pris le tram en direction de chez ma copine puis en arrivant à destination, j’étais incapable de faire un pas de plus. Coup de barre monumental ! J’avais mal au genou sans bon sens ! Je n’avais pas de glace à mettre dessus et je savais que le frigo de Mathilde n’avait pas de congélateur…

Pas de glace… gros problème quand on vient de se faire opérer du genou. J’ai passé 2 jours comme ça. A prendre le peu de cachets que j’avais sous la main. En plus je commençais un rhume ou quelque chose du genre, avec des écoulements nasaux et une toux grasse. Etre malade et mal en point, quand on n’est pas chez soi, c’est encore plus épuisant. Jeudi matin, de peine et de misère, après avoir fait quelques exercices pour travailler l’extension du genou et avoir essuyé les larmes de douleur qui avait jaillies contre toute attente, je remballai mon sac et je pris le tram direction Préfecture. J’avais trouvé un covoiturage sur Facebook ; une dame qui m’avait contacté pour les cours de yoga pendant l’hiver mais qui n’avait malheureusement jamais pu se joindre à nous pendant la saison faute de temps. Elle m’avait offert de me ramasser Place de Verdun vers 10h. La Préfecture ouvrant à 9h, je disposais donc d’une seule heure pour payer les frais du timbre fiscal et récupérer mon titre de séjour.

En arrivant devant le bâtiment de la Préfecture, mon genou me faisait souffrir et la file d’attente était assez longue. Il devait y avoir une bonne vingtaine de personne devant moi. Priorité aux handicapés, lorsque les portes se sont ouvertes, tous le monde devait refaire la queue eu comptoir d’accueil. La jeune femme derrière moi m’encouragea à me présenter devant tous vue mon état ; j’étais mal  à l’aise, mais quand je vis l’affiche indiquant que les timbres fiscaux n’étaient plus vendus en préfecture… Un sentiment de panique monta en moi. Il était déjà 9h15 ; et si je devais courir (en béquilles !) dans Grenoble afin de trouver un bureau de Postes ou de tabac afin d’acheter le timbre fiscal dont j’ignorais encore le montant, ce ne serait jamais possible de remonter à l’Alpe avec Eloïse. Cela me donna le courage nécessaire pour passer devant tous le monde avec mes cannes anglaises. La dame qui me reçue au comptoir m’indiqua que je pouvais acheter le timbre via internet dans les bureaux de la Préfecture ; chose que je fis sur le champ. Je lui rapportai la preuve de paiement puis elle me remit un numéro que je devais présenter à un autre comptoir au premier étage des bureaux intérieurs. Arrivée en haut, il était 9h45 et surtout… il y avait la queue.  Encore une fois, priorité aux handicapés, je me dirigeai à l’intérieur des bureaux et demandai à une dame derrière son bureau vitré si elle pouvait me dire à quel numéro on en était ; elle jeta un œil à mes béquilles et m’invita à m’asseoir. 5 minutes plus tard ; je quittais la Préfecture VISA en poche, 269€ en moins, mais le cœur léger, et le genou gonflé ! Pour les 10 prochaines années, je n’aurai pas à refaire la procédure annuelle de renouvellement de titre de séjour. J’étais ravie ! Fatiguée, mais contente d’y être arrivée avant le délai maximal.

9h57, Eloïse et moi quittions la métropole vers l’Alpe d’Huez, et 11h15, j’enfonçai la clé dans la serrure de ma porte d’entrée. Quel soulagement de rentrer enfin chez soi après 48 heures de galère totale ! Je mis de la glace en même temps que je me glissai sous la couette et je restai là toute la journée… Comme le lendemain et le surlendemain.

On est samedi, mon genou va un peu mieux mais ma kiné m’a fortement recommandé de rester tranquille cette fin de semaine ! Quand les choses vont mieux, on pense souvent qu’on peut reprendre nos habitudes. Mais une opération reste une intervention chirurgicale à ne pas prendre à la légère ; une de mes élèves en yoga cet hiver m’avait raconté qu’après s’être fait opéré, elle avait vite repris du poil de la bête. 3 semaines après son opération, elle avait décidé de s’occuper de ses plates bandes quand elle tomba par mégarde. La greffe ne tint pas le coup et elle dû se faire opérer à nouveau. Ca démontre qu’il faut vraiment y aller doucement après une opération. Donc je crois que pour les jours à venir, je vais me tenir tranquille ! J’ai un mois pour me remettre sur pieds. Je quitte la France fin juin pour le Sri Lanka et donc à compter du mois de juin, je reprendrai l’entraînement en remplacement de la kinésithérapie puisque ma kiné partira en vacances. Selon les recommandations de mon chirurgien, prendre l’avion 2 mois après une opération de ce genre est possible et n’est pas contre-indiqué. Reste juste à reposer le genou et dès qu’il ne ressemble plus à  une patate, recommencer les exercices de renforcement musculaire !

Beau programme en perspective: Repos, écriture, rééducation!

Je vous souhaite un bon weekend où que vous soyez !

Namasté

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