J’y retourne

J’y retourne…

Je tenais à partager avec vous les raisons et motivations qui se cachent derrière cette décision prise récemment. Celle de retourner au Sri Lanka. Comment prenez-vous vos décisions ? Qu’est-ce qui motivent vos choix les plus importants ? Moi perso, je réalise qu’il me faut souvent une crise pour voir clair. Hbituellement, je me laisse porter par le vent, je suis le courant et quand mon feeling est bon, fort, je saute. Ca monte en moi de façon subtil, puis tangible et Incontestable. C’est un sentiment très puissant et même clairvoyant. Comme si une voix résonnait en moi et ne faisait aucun doute. J’arrive à décrire ce processus décisionnel car il me surprend à chaque fois et il est bien souvent précédé d’un choc puis d’un état transcendantal. Comme si pour rebondir, il me fallait toucher le fond…

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je suis de celle qui change d’idée souvent ; je suis de ces femmes qui croient aussi qu’absolument rien n’arrive pour rien.

J’ai passé un sal hiver. Sal dans le sens où j’en ai vue de toutes les couleurs, sur tous les plans… Mais pas des couleurs vives et éclatantes. Non. Plutôt des tons sombres, des noirs, des gris… des couleurs qui ne n’en sont pas réellement. C’était le 2e hiver assez difficile à l’Alpe d’Huez. Soucis relationnel, schémas autodestructeurs, prise de conscience quant à ce que j’attire à moi-même en matière de fréquentations…  Puis soucis de santé. Rupture… Du ligament, certes, mais pas que. Déceptions amoureuses et claque en pleine face à plusieurs reprises. Si le début de cette année 2018 avait été un personnage, elle aurait pu incarner une sorcière, ou encore le grand méchant loup, du moins c’est ce à quoi je me suis raccroché pendant le premier trimestre de ce 34e hiver. Puis… avec le printemps, le renouveau. Le lâchez-prise. L’acceptation. La renaissance, là où le tableau redevient blanc et où tout est possible…

J’ai compris que je ne pouvais pas forcer quelqu’un à m’aimer.

J’ai compris que tant et aussi longtemps que je ne me permettrais pas de briller, je continuerais de vivre une vie en noir et blanc.

J’ai compris qu’il ne sert à rien de s’accrocher au passé, à ce que l’on aurait voulu ou souhaiter… Car ce qui est fait est fait et les erreurs commises ne peuvent être effacées.

J’ai compris qu’il est important d’être en mesure de se regarder en face, de se pardonner à soi-même afin de retrouver la capacité d’aimer et d’être capable de poursuivre sa route.

Je me suis souvenu que la personne dont je devais prendre soin, c’était moi. Pas Jules, Jean ou Jacques… Et surtout, j’ai enfin compris que quand ça ne coule pas, quand ce n’est pas fluide, c’est que ce n’est pas fait pour moi. Point à la ligne.

Des messages forts, des symboles puissants. L’Homme, la montagne, cette recherche constante de sensations fortes, de vivacité. Cette Mecque du soleil et du ski…

J’ai compris que ce qui me retenait ici était teinté d’illusions, d’attentes, d’aprioris, de peurs.

Bref, le compte-rendu que la vie m’a fait faire par la force des choses n’était pas très beau, mais oh combien éloquent.

N’allez pas croire que je n’aime pas cet endroit, mais j’ai compris que malgré tous mes efforts, ce lieux ne s’ouvrirait jamais complètent à moi et ceci, pour la simple et unique raison que je ne m’ouvre peut-être pas à lui comme il le faudrait.

Comme si au lieu de simplement être reconnaissante de ce que j’avais, je cherchais sans cesse à en avoir plus. Des relations, des échanges, des amitiés, des projets… Et en bout de ligne, tout ce que cela a pu générer  n’a été qu’un manque flagrant de cohérence. Un épuisement physique, mental, émotionnel. Un trop plein de gris.

Comme une poule a qui on vient de couper la tête, j’ai couru dans tous les sens, jusqu’à épuisement. En cherchant des solutions, en essayant de trouver des centres d’intérêts communs à ce lieu, à cet endroit qu’es la montagne. Faire une formation complémentaire au yoga, me former à un métier de la montagne, trouver à tout prix un moyen d’être heureuse, vraiment.

Puis le 1er avril dernier, j’ai compris que je ne pouvais pas changer l’autre. Que certaine personne n’avait simplement pas de respect pour moi, ni pour eux-mêmes d’ailleurs et j’ai décidé que je ne voulais plus accorder autant d’importance à ce genre d’individus. Je me suis tourner face à moi-même et ma réalité m’est apparu au grand jour.

Mes rêves, mes envies ; ce besoin insatiable de liberté et d’indépendance. Il n’y a que quand je travaille pour moi-même, que quand je prépare un voyage, un départ que je suis complètement sereine. Il n’y a que quand je suis sur mon tapis de yoga que je me sens pleinement moi-même. Quand je retourne à l’essentiel à travers ma pratique personnel. Il n’y a que quand j’enseigne, que je démontre la pose, que je tournoie autours des yogis pour corriger leurs asanas que je me sens vivante. Mon truc à moi, c’est ça. C’est le yoga. Le yoga et le voyage. Le fait de partager cette passion, cet intérêt, ce mode de vie, ce ‘’lifestyle’’ avec les autres, et ce, partout où je vais…

Cette journée restera à jamais gravé dans les anales. Parce que c’est le 1er avril 2018 que j’ai  réalisé ce qui m’emplissait autre que la peine, la tristesse et les déceptions. Autre que l’amertume, la rancœur et ce sentiment de culpabilité énorme qui ne s’en va jamais. Ce jour là, très fort en dedans et à travers les larmes qui ont coulées, j’ai aussi ressenti une certitude profonde et ultime. Je suis en phase avec mes sentiments ; mais aussi avec mon flou artistique. Je suis bien dans ce mouvement et je ne suis pas prête à me poser au non de je ne sais qui ou je ne sais quoi… Devoir, obligation, conscience sociale ou institution. Rien à foutre des mœurs, us et coutumes. Comme mon père, je suis attirée par l’aventure, par l’inconnue ; Je suis un oiseau libre et la cage, même si elle est dorée, m’emprisonnera à tout jamais. Du moins, c’est ce que je crains. Mes envies nomades me permettent de fuir la routine et si un jour quelqu’un est prêt à faire un bout de chemin en ce sens à mes côtés, je serai heureuse de partager ces moments simples de la vie qui font que nous sommes qui nous sommes et que tout est parfait ainsi. Mais en attendant, je suis prête à faire ce bout de chemin seule.

J’ai commencé à bâtir quelque chose au Sri Lanka, et je compte bien poursuivre ce projet ; aller au-delà même de ce que j’avais envisagé.

Cela ne veut pas dire que je ne reviendrai pas à la montagne l’hiver prochain. Non. Cela signifie seulement que je me lance. J’en ai assez. Le yoga est un choix de vie, et j’ai envie d’en vivre. Et je décide que c’est possible et que c’est ce dont j’ai envie. Une yogini voyageuse ; qui a quitté le Québec en novembre 2011 et qui continue son chemin. Traversant les océans et les tempêtes, avec confiance et certitude, avec la foi et surtout, avec le sourire…

Je suis heureuse de vous avoir fait ces confidences en ce dimanche matin. Heureuse, car voyez-vous, c’est aussi ça être vrai, transparente et cohérente. Et en m’ouvrant à vous, j’arrive à mettre du sens, j’arrive à transpercer ce ‘’flou artistique’’ qu’est ma vie, ou  du moins, l’idée de ce que je m’en fais.

J’espère vous avoir inspiré un peu en ce beau dimanche matin. Ici, à l’Alpe d’Huez, c’est le dernier jour… La station a prolongé d’une journée l’ouverture du domaine skiable car il fait beau et la neige a été au rendez-vous cet hiver. Mais moi, je suis tranquille, je suis posée. C’est la première fois depuis mon arrivée en France que je vis la fin de saison de façon sereine, confiante. Bien toute seule. Je n’ai absolument rien à faire de qui s’en va où pour faire je ne sais quoi… La station va se vider, les gens vont partir, il n’y aura plus personne sauf les quelques familles qui restent à l’année, par obligation pour la scolarité de leurs petits et leur CDI. Moi, je reste là ; sereine, posée. Je vais m’occuper de guérir ce genou à vitesse grand V. Bien comme il faut. En juin je vais partir voir le bleu et deux copains dans le sud, et puis fin juin, après mon 3e mois post opératoire, je vais m’envoler vers le Sri Lanka. Remise sur pieds, guérie, le cœur ouvert et les idées claires !

En vous souhaitant une magnifique journée, où que vous soyez

Om shanti Om

namaste

soul

Please follow and like us:
0

Laisser un commentaire