J+2: Une saison d’hiver pas comme les autres

Mi-avril, le printemps est à nos portes. La neige fond doucement. Lentement, mais sûrement malgré les flocons persistant qui tombent encore sur nos montagnes ici en Oisans. La saison a été dure cette année. Rude même je dirais. Sur le plan météo, nous n’avons pas eu beaucoup de soleil ; sur le plan personnel, il n’y a pas eu beaucoup de lumière ni de chaleur… La vie a été crue.

Parfois, je crois qu’il arrive un moment où l’on doit prendre conscience de certaines choses. Quand on répète les mêmes erreurs continuellement, quand on reste prit dans le même schéma comportemental, la vie s’en mêle et c’est souvent dans ces moments que nous, humains de ce monde, vivons des expériences un peu moins agréable. Que nous nous blessons, que nous souffrons.

J+2. J’en suis à mon second jour post opération du genou, et ce matin, réveillée par la douleur intense dès l’aube, j’ai ressenti le besoin de faire le tri dans mes idées et de poser sur papiers (enfin, sur cet espace virtuel) quelques mots… Ca fait un moment que j’ai envie de partager mes maux avec vous pour que vous puissiez connaître mon parcours, connaître mon cheminement personnel des derniers mois et voir mon évolution sur tous les plans. Donc voici un premier article à travers lequel je vous explique comment ça s’est passé pour moi cet hiver, comment j’ai passé à travers cette saison difficile et comment je compte prendre en main ce nouveau départ suite à la réparation de mon ligament  croisé antérieur gauche !

Pour être franche, ça fait deux hiver que je traverse des phases importantes de douleur et de remise en question ; l’an passée, entorse cervicale au début janvier. J’ai dû arrêter les cours de yoga tellement j’étais mal en point. Je venais d’emménager dans la petite chambre fournie par mon employeur suite à une énième tentative de ressouder mon couple, mais sans succès, j’ai préféré m’éloigner pour prendre soin de moi. Rapidement, mes amitiés et activités nocturnes furent discutables et donc je suis tombé malade, bien malade pendant  trois semaines et cette période de maladie m’a calmé et m’a aidé à retrouver ma route, mon droit chemin. Elle m’a permise de me retrouve seule, sans ces personnes qui m’entraînaient sur une route qui ne me correspondait pas et cela m’a permis de voir plus clair dans ce que j’avais envie de créer, ce que j’avais envie de faire de ma vie et de ma personne.

Cette année, rebelote. Mon retour du Sri Lanka a été marqué par un emménagement difficile et ce, à la dernière minute. Je commençais à travailler le 11 décembre et j’atterrissais  à Paris le 6 décembre. J’ai été en mesure de prendre possession de mon logement aux alentours du 8 ou du 9 décembre, mais ce fut la course, et la belle galère. Pas de rangement dans l’appart, pas de tablettes ni d’endroits où juste tout cacher ; tout était exposé ! J’avais une mezzanine sur laquelle j’aurais été supposé dormir mais … il m’était impossible de m’assoupir à cet endroit, dans une chaleur sèche et un plafond en crépis beaucoup trop près de ma tête ! Des fois que je me réveil en sursaut ! Collision obligée ! Donc je me suis servi de cet espace pour stocker mon Bazard et j’ai déniché un petit lit simple et un matelas que j’ai installé en dessous de cette mezzanine. Tout l’hiver j’ai attendu le bon moment pour faire quelques travaux ; baisser cette mezzanine afin d’avoir un lit en hauteur, mais surtout, une zone de rangement sous le lit qui me permettrait de stocker tout mes effets personnels sans qu’ils soient à la vue de tous. J’ai très mal vécu les semaines interminable avec ce foutoir au dessus de ma tête. Symboliquement, j’avais l’impression que le bordel qui trônait sur la mezzanine représentait tous mes soucis, toutes mes inquiétudes, tous mes échecs… et je ne pouvais rien faire pour les cacher, les camoufler autre part ; c’était dans ma face, comme un nez au milieu d’un visage.

Entre temps, en janvier j’ai eu plusieurs séjours à l’hôpital suivi d’un premier arrêt maladie, puis le 5 février, je me suis fais les ligaments croisés lors d’une sortie en ski. J’ai eu de la chance dans ma malchance car la rotule et le ménisque ont été épargnés, mais les médecins étaient clairs ; opération obligée ! De par mon penchant pour le sport, l’enseignement du yoga qui est au cœur de ma vie et de par ma nature aventurière, c’était inévitable et d’ailleurs j’étais d’accords avec eux. Je préférais de loin me faire opérer rapidement et miser sur ma guérison et ma réhabilitation que de laisser cette blessure perdurer dans le temps et la laisser m’empêcher de vivre selon mes envies. L’IRM et les examens complémentaires ont été faits rapidement, j’ai retrouvé l’usage de mon genou en préparation à l’opération. Je pouvais marcher sans boiter, faire du vélo et des exercices de musculation pour renforcer les muscles de ma jambe qui serait opérée.

Je pouvais même enseigner ! Donc ça allait bien !

Mais au fond de moi, je savais que j’avais quelque chose à intégrer par rapport à cette blessure. Au début quand j’ai pu retirer l’attelle, et marcher normalement sans douleur ou presque, je me suis remise à vivre à fond, comme si de rien n’étais. Le rythme des semaines était prenant, entre le travail à temps plein, les cours de yoga, les séances de kinés et les sorties au palais des sports pour préparer le genou à l’opération, je me suis remise à sortir comme l’année précédente. Pendant 2 bonnes semaines, je me suis éparpillée; sortir sans arrêt pour voir du monde, consommer un peu d’alcool parce que socialement, ça passait bien et que c’était plus rigolo…  j’essayais de faire comme tous le monde… Mais en agissant de la sorte, je me transformais en mouton. J’étais dans le flou. Comme si je n’étais plus moi-même.

J’avais du mal à suivre le groupe, je tentais de m’intégrer, mais en fait, je m’immisçais simplement dans un cercle d’amitiés éphémères sans profondeur ni authenticité. J’essayais d’entretenir des liens qui en fait, n’étaient que des relations superficielles générées par une mentalité absente basée sur le fait que ça ne sert à rien de s’ouvrir à l’autre puisque dans quelques semaines, tout sera terminé. Une vie saisonnière, typique ici en station de ski.

Je savais au fond de moi que je n’étais pas à ma place. J’étais à côté de mes pompes et cela ne faisait que mettre un baume amer sur mes blessures. Quand le corps s’exprime, ce n’est pas que physique ou physiologique, il y a aussi tout un message à décoder, à comprendre derrière nos maux. Il faut croire que je n’étais pas prête à ce moment. Il m’a fallut toucher le fond et me réveiller un matin sans aucun souvenir de la veille pour mettre un terme à ce Chari vari. A partir de ce moment, j’ai arrêté de sortir. J’ai commencé à rester à la maison et à prendre un peu plus de temps en solo. Pour apprivoiser à nouveau cette solitude qui souvent, donne le cafard et fait peur…

Je continuais le boulot, mais je sentais bien que mon corps fatiguait. Un bon matin, je me suis rendu compte que mon poignet gauche ne voulait plus coopérer ; je n’arrivais même pas à me brosser les dents ou à attacher ma veste. Suite à un arthro-scanner, le docteur à Grenoble me disait que j’avais des ligaments abimés tout autour du scaphoïde ainsi qu’un kyste à l’intérieur de l’os. La semaine qui a suivi cette découverte inusitée, je suis retombé en sortant de chez-moi. C’était le 1er avril. Poisson d’avril ! Tu parles… Ce matin, un bon ami à moi était venu prendre le café à la maison avant le boulot et il m’avait appris une nouvelle qui m’avait laissé un peu perplexe. Elle avait fait remonter en moi de fortes émotions reliées à un chagrin hivernal… J’étais à la fois triste et en colère et à la sortie du bâtiment, sans faire gaffe, je me suis étalée comme un crêpe sur le parvis des grangettes. A cet instant, mon genou a flanché et j’ai su. J’ai su que c’était terminé. Ma saison était finie. Cette manie que j’avais eu d’enfermer au fond de moi ce que je ressentais… Cette habitude que j’avais prise de faire tout pour les autres sans même me laisser une toute petite place, sans écouter ma petite voix en dedans qui criait STOP ! Les larmes ont coulées ce jour là. A flots. J’avais besoin d’évacuer toute cette pression, cette misère et ces nombreuses difficultés survenues au cours des derniers mois. J’ai été mise en arrêt une semaine avant mon opération. Comme quoi rien n’arrive pour rien, j’ai pu me remettre dans ma bulle pour de vrai. Une bonne amie et son conjoint m’ont aidé à virer cette mezzanine et à la transformer en lit surélevé. Enfin, je pouvais voir clair chez moi. Le weekend avant l’opération, j’ai une super copine qui est venu passer du temps avec moi. On s’est fait une séance cocooning qui a duré 2 jours, sans alcool mais pas sans plaisir ! Avec de beaux échanges et des conversations vraies et profondes, des discussions existentielles qui changent la façon dont on voit les choses, et qui influent sur nos choix de vie après coup…

Je me suis fais opérer lundi le 9 avril à 7:30 Am. Je suis rentré à la maison le soir même ;

Je suis chez moi, je vais bien ; je suis heureuse. Contente que cette opération ait eu lieu. J’ai vraiment l’impression d’avoir passé un cap, d’avoir franchi une étape importante de transformation et je sais au fond de moi que ce n’est que le début. J’ai eu plusieurs flashs et visions depuis les 2 dernières semaines et tout se met en place assez efficacement. Malgré la convalescence, j’ai des projets en cours, et des idées pleins le cœur et ça… Ça fait tellement du bien ! Ça me tient en vie et ça m’aide à garder le cap !

Genou… En prononçant ce mot, j’entends autre chose.

Je… Nous

Le ‘’Je, moi’’ représente l’égo. Ce que nous avons envie d’être. C’est notre personnalité, nos choix de vie ;

selon wikipedia :

L’ego est une substantif tiré du pronom personnel grec (eyo)- le JE, MOI. Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi. Il est tantôt considéré comme le soutient de la personnalité OU comme une entrave à notre développement spirituel.

Selon Matthieu Ricard, Docteur en biologie moléculaire à l’institut Pasteur à Paris avant de devenir Bouddhiste :

‘’Il parle de la confusion mentale comme le voile qui empêche de percevoir clairement la réalité- et obscurcit la compréhension de la nature véritable des choses. Sur le plan pratique, c’est l’incapacité de discerner les comportements qui permettent de trouver le bonheur et d’éviter la souffrance. La plus perturbatrice des confusions est celle qui consiste à s’attacher à la notion d’une identité personnelle : l’égo…’’

BREF!

J’ai pas mal de réflexions et d’introspection à faire… Mais je laisse venir à moi ce qui doit émerger pendant mes séances de méditation, ou encore l’après-midi quand mon regard se perd par la fenêtre… Ça fait du bien de laisser aller, de lâcher-prise enfin…

Je peux enfin me poser ; afin de me poser peut-être les vrais questions… La saison d’hiver 2017-18 est terminée pour moi. Pas de repas de fin de saison avec les collègues, pas de sorties trop arrosées, juste du temps pour moi; tranquille à la maison. Ma porte est ouverte si vous avez envie de passer me faire un coucou, de boire le thé et papoter.

J’ai déjà pleins d’idées et de projets entamés pas simplement pour la saison d’été, mais pour le reste de l’année. Des changements sont en cours, de gros changements! Je vous en dirai plus éventuellement!

A suivre !

Maintenant, c’est l’heure du café, du petit déjeunez et c’est aussi l’heure de glacer mon genou !

Bonne journée et bonne lecture !

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